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Qualité de l'air : concentration en NO2

A Bruxelles, 40% des concentrations en dioxyde d’azote mesurées dans l'air seraient dues à une contribution externe à la Région, et 47% au trafic. La concentration moyenne mesurée est donc  influencée par la proximité aux principaux émetteurs, comme le trafic. Environ un tiers des postes de mesure bruxellois n'est ainsi pas en mesure de satisfaire la valeur limite annuelle européenne en 2014. La norme relative à la concentration horaire est pour sa part respectée.

Contexte

Le dioxyde d'azote (NO2) est une substance nocive pour la santé humaine (effet sur les voies respiratoires) et l’environnement (contribution à la formation d’ozone et de particules secondaires, et à l'acidification). Sa concentration dans l’atmosphère est notamment liée aux émissions d’oxydes d’azote causées par les processus de combustion liés au transport routier et au chauffage des bâtiments.

Valeur limite européenne

Dans un objectif de protection de la santé publique, la directive européenne 2008/50/CE impose qu’à partir de 2010, la concentration moyenne annuelle de NO2 n’excède pas 40 µg/m3 (ligne rouge sur le graphique), valeur correspondant également à la valeur guide préconisée par l’OMS.

Concentrations en NO2 dans l'air

En Région bruxelloise, 10 stations du réseau télémétrique de la qualité de l’air mesurent en continu le NO2. L’indicateur est basé sur les données de la station de Molenbeek-St-Jean (code 41R001) qui est représentative d’un environnement urbain fortement influencé par le trafic routier.

Evolution de la concentration moyenne annuelle de NO2 relativement à la norme européenne à la station de Molenbeek-Saint-Jean (1986-2014)

Source : Bruxelles Environnement, Laboratoire de recherche en environnement (air)

Evolution de la concentration moyenne annuelle de NO2 relativement à la norme européenne à la station de Molenbeek-Saint-Jean (1986-2014)

Depuis la fin des années nonante, les concentrations moyennes en NO2 à la station de Molenbeek-Saint-Jean se maintiennent à un niveau relativement constant et se situent au-delà de la valeur limite, en moyenne annuelle, à quelques exceptions près. En 2014, la concentration moyenne en NO2 était de 39 µg/m³.

Dans les autres stations de mesure du réseau, la concentration moyenne de NO2 était comprise entre 22 et 61 µg/m³ (toujours pour 2014), en fonction de la proximité par rapport aux émetteurs d’oxydes d’azote, comme le trafic. Environ un tiers des postes de mesure bruxellois ne respectent pas la valeur limite imposée (ce qui représente une amélioration progressive ces dernières années). En avril 2014, la Commission européenne a d’ailleurs demandé à la Région bruxelloise des clarifications en ce qui concerne le non-respect de la valeur limite des concentrations de NO2 en moyenne annuelle.

Notons toutefois que la norme relative au seuil horaire de 200 µg/m3 est pour sa part respectée dans toutes les stations.

Origine du NO2

Dans tous les postes de mesure, les concentrations mesurées sont le résultat de différentes contributions : la pollution de fond (telle que mesurée dans les Ardennes par exemple), la contribution transrégionale (importée en RBC via les flux de masses d'air), la pollution urbaine de fond, la contribution urbaine principalement liée au trafic et la contribution supplémentaire du trafic que l’on retrouve dans les zones à haute densité de véhicules.

Ainsi, en moyenne annuelle, environ 40% de la concentration en NO2 mesurée sont liés à une contribution externe à la Région bruxelloise (pollution de fond et contribution transrégionale), 13% correspondent à une pollution urbaine de fond et 47% sont liés au trafic.

Notons en outre que, contrairement à la diminution des émissions de NOx observée depuis les années '90 (voir l'indicateur spécifique), la fraction de NO2 dans les émissions NOX du transport routier a augmenté jusqu'en 2009 (et s'est depuis stabilisée), entre autres suite :

  • A la diésélisation du parc automobile (le diesel émet relativement plus de NO2) ;
  • Aux catalyseurs oxydants imposés par la norme EURO 3, qui augmentent la part de NO2 par rapport au NO dans les émissions ;
  • Aux filtres à particules des camions qui augmentent indirectement les émissions de NO2.

Ce phénomène a été constaté dans toutes les agglomérations belges ainsi qu'en Allemagne, aux Pays-Bas et à Londres. Ceci explique en partie le non-respect de la norme de 40 μg/m³ de NO2 aux stations influencées par le trafic.

Date de mise à jour: 26/10/2018