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Caractéristiques environnementales du parc automobile bruxellois

Actualisation : janvier 2018
Avec un peu moins d’un demi-million de voitures, le parc automobile bruxellois est constitué de deux tiers de véhicules de particuliers et d’un tiers de véhicules de société. Les voitures diesel en représentent 59% en 2016, sachant qu’un peu plus de six sur dix sont équipées de filtres à particules. Après une croissance pendant plusieurs décennies, la diésélisation du parc s’est stabilisée en 2011 et diminue depuis 2015. L’Ecoscore moyen du parc est de 59 en 2016 et celui de la flotte de voitures neuves (qui représente 16% du parc) est de 67. L’un comme l’autre augmentent d’environ un point chaque année. Les alternatives aux motorisations classiques (diesel et essence) restent encore marginales mais connaissent une belle progression.

Un parc automobile d’un demi-million de voitures dont un tiers de véhicules de société

En 2016, le parc automobile bruxellois compte un peu  plus de 485.000 voitures et représente 8,5% de la flotte belge (Direction pour l’immatriculation des véhicules (DIV) du SPF Mobilité et Transports selon Ecoscore, au 31 décembre 2016). Deux tiers du parc sont constitués de voitures de particuliers, le tiers restant de voitures de société.

Entre 2014 et 2016, la flotte a régressé de 4,9%, en raison d’un recul des voitures de société en leasing entre 2015 et 2016 qui pourrait être liée à une relocalisation d’une société majeure (VITO, 2017). La flotte de voitures de particuliers diminue également mais de manière moins marquée passant de 330.000 à 329.000.

En 2016, les voitures immatriculées pour la première fois (i.e. voitures neuves) représentent 16% du parc bruxellois (et 9,5% du parc belge) ; elles répondent toutes au moins à la norme Euro 5. Les autres nouvelles mises en circulation (i.e. voitures d’occasion) représentent 12% du parc. Après un recul en raison de la crise économique, le nombre de voitures (re) mises en circulation est reparti à la hausse en Belgique en 2015 et 2016. Toutefois, à Bruxelles, ce nombre redescend déjà en 2016.

Deux spécificités du parc bruxellois liées aux voitures de société et aux navetteurs

Le parc automobile bruxellois présente deux spécificités :

  • Tout d’abord, la part des voitures de société y est plus élevée qu’ailleurs : 32% du parc total en 2016 (contre 16% en Belgique) et 81% du parc des nouvelles immatriculations.
  • Ensuite, il existe un écart entre le parc de voitures immatriculées en Région bruxelloise et celui des voitures y circulant effectivement. Cette différence réside dans le nombre élevé tant de voitures de société que de navetteurs (64% des navetteurs entrants viennent en voiture, d’après BECI 2014).

Ces deux particularités influent sur les indicateurs relayés dans cette fiche (voir pour plus de détails le précédent rapport sur l’état de l’environnement).

Le diesel domine toujours mais diminue

Les voitures diesel représentent la part la plus importante de la flotte bruxelloise (59% en 2016), devant les voitures à essence (39%). Les alternatives aux voitures classiques (hybrides, gaz naturel (CNG), gaz de pétrole liquéfié (LPG) et autres technologies) atteignent 2% de la flotte en 2016.

64% des voitures diesel (de la flotte bruxelloise) sont équipées de filtres à particules. Rappelons que les nouvelles voitures diesel doivent obligatoirement en être équipées depuis le 1er janvier 2011 (Euro 5 et suivant). La part de voitures diesel dans les nouvelles immatriculations (62%) excède toujours en 2016 celle observée dans la flotte totale bruxelloise. Et une écrasante majorité des voitures de société roule au diesel (Ecoscore, 2017).

Mais le diesel dans la flotte bruxelloise tend à décliner. Ce qui est de bon augure pour la qualité de l’air bruxellois notamment, étant donné l’incidence plus négative de cette motorisation sur un environnement urbain (pour de plus amples informations, voir le précédent rapport sur l’état de l’environnement et les indicateurs sur la qualité de l’air).

Pour les nouvelles immatriculations (voitures neuves ou d’occasion), la part du diesel recule de 10% entre 2014 et 2016. La part de l’essence dans les voitures neuves s’est ainsi fortement renforcée entre 2014 et 2016, progressant de 61% à 69% pour les véhicules de particuliers et de 19% à 27% pour ceux de société. Ces changements sont liés notamment aux évolutions actuelles et attendues de la politique fiscale : la taxation des véhicules de société et celle sur les carburants tendant à rendre le diesel moins avantageux.

Un parc plus âgé que le parc belge et vieillissant

L’âge moyen de la flotte bruxelloise en 2016 est de 9,4 ans (contre 8,3 au niveau national). Cet âge moyen contraste fortement selon que l’on considère les voitures de société (3,1 ans), dont le taux de renouvellement est élevé, ou les voitures de particuliers (12,4 ans), qui sont plus anciennes d’environ 3 ans par rapport à la flotte belge. D’ailleurs la part de véhicules âgés de plus de 25 ans (8%) y est plus importante (vs 4%).

L’Ecoscore du parc automobile bruxellois

L’Ecoscore est un indicateur de la performance environnementale d’un véhicule, qui fournit une évaluation plus globale de l’impact environnemental que les seules émissions de CO2 ou que les normes Euro (voir fiche méthodologique et précédent rapport sur l’état de l’environnement). Le résultat est un score sur une échelle de 0 à 100 : plus l’Ecoscore est élevé, moins le véhicule est polluant.

La méthode de calcul utilisée tient compte aussi bien des émissions liées aux déplacements du véhicule (échappement) que de celles afférentes à la production et à la distribution du carburant ou de l’électricité. Les impacts évalués sont l’effet de serre, la pollution atmosphérique (sur la santé comme sur les écosystèmes) et les nuisances sonores. L’Ecoscore (comme les normes Euro) sous-estime toutefois les émissions (de CO2 entre autre) et la consommation de carburant réelles des véhicules (voir le précédent rapport sur l’état de l’environnement).

L’Ecoscore moyen du parc automobile bruxellois est de 59 en 2016. Il augmente d’un point environ chaque année. L’Ecoscore du parc de voitures neuves de 8 points supérieur (idem pour le parc belge) et il s’améliore plus vite que le parc total.

Si l’on considère le parc total, les voitures de société ont un Ecoscore moyen plus élevé (62) que les voitures de particuliers (58). Dans le cas du parc neuf, c’est l’inverse qu’on observe (respectivement 67 pour les voitures de société et 69 pour les voitures des particuliers).

Notons également l’exemplarité des pouvoirs publics bruxellois, où l’Ecoscore moyen des voitures nouvellement immatriculées en 2015 était de 71. Pour ces 72 institutions publiques bruxelloises, le diesel ne représente que 32% des véhicules.11% des véhicules sont électriques dont la moitié sont alimentés par de l’électricité verte.

Ecoscore moyen du parc automobile bruxellois (total et neuf) et par type de propriétaire (2012-2016)

Source : Rapports Ecoscore, 2017

L’Ecoscore moyen selon le type de carburant

L’Ecoscore moyen selon le type de carburant indique que les voitures à essence ont un impact environnemental global moindre que les voitures diesel (leur Ecoscore moyen est de 9 points plus élevé : 64 vs 55 en 2016 à Bruxelles) (voir également l’info-fiche relative à la prise en compte de l’Ecoscore dans la procédure d’achat/leasing de nouveaux véhicules). Et l’Ecoscore s’accroit chaque année pour ces deux types de motorisation (+1,7 pour l’essence et +1,4 pour le diesel, depuis 2014). Comparé à la flotte belge, la flotte bruxelloise a un Ecoscore d’un point inférieur pour les véhicules à essence et pratiquement équivalent pour les véhicules diesel.

Les véhicules hybrides à essence et essence plug-in ont un Ecoscore équivalent (76) contrairement à 2014. La baisse du score des essences plug-in est due au succès commercial des SUV puissants, ainsi que des voitures de sport du même acabit, essentiellement enregistrées comme voitures de société. Les véhicules roulant au gaz comprimé ont gagné 2 points par rapport à 2014 (78). Quant aux véhicules hybrides diesel (62), ils représentent toujours une alternative intéressante aux véhicules diesel classiques (55) surtout pour le système « plug-in » (71) qui se rapproche des performances des véhicules hybrides à essence. D’ailleurs, ce système a presque triplé sa part dans la flotte belge, passant de 272 véhicules en 2014 à 727 en 2016. Les véhicules roulant au LPG (59) voient leur écart avec l’Ecoscore des véhicules à essence classique (64) augmenter. La technologie offrant l’impact environnemental le plus réduit est sans surprise le véhicule électrique, avec un Ecoscore de 85.

Il faut néanmoins nuancer les bons résultats de toutes les alternatives aux carburants classiques en rappelant leur part encore minime dans la flotte totale, sauf dans la flotte des pouvoirs publics bruxellois (cf. supra).

Autres indicateurs de la performance environnementale du parc : émissions de CO2 et normes EURO

Les émissions de CO2 d’une voiture immatriculée en Région bruxelloise, sont en moyenne de 143 g/km (tout comme la moyenne belge). Et celles-ci régressent chaque année de près de 3%, bien que la tendance ralentisse depuis 2014. Les véhicules de société émettent en moyenne significativement moins de CO2 que les véhicules de particuliers (125 g/km vs 152 g/km) et la diminution de leurs rejets de CO2 est plus marquée, régressant presque deux fois plus vite entre 2008 et 2016.

Distribution des standards EURO dans le parc automobile bruxellois (2012-2016)

Source : Ecoscore, 2017
La date à droite du standard EURO correspond à la date de mise en service du standard pour les voitures

En 2016, Euro 5 constitue toujours le standard le plus répandu dans la flotte bruxelloise (31%) mais sa part diminue depuis 2014 au profit d’Euro 6 qui le remplace. Si Euro 4 occupe encore la seconde place (25%), la norme Euro 6 est déjà bien installée en région bruxelloise avec 19%. Alors qu’il y a seulement 2 ans, elle ne représentait que 3% de la flotte.

Par rapport à la flotte belge, la flotte bruxelloise présente deux particularités : les nouvelles normes s’y installent plus vite (+16% en 2016 par rapport à 2014 pour la norme Euro 6 contre 13% en Belgique) et la flotte bruxelloise maintient sa part plus importante d’Euro 0 (8% contre 5% en Belgique). Ceci est dû, une fois de plus, à la prépondérance des voitures de société dans le parc bruxellois.

Une révision du test d’homologation attendue

L’ancien test d’homologation des véhicules – le New European Driving Cycle (NEDC) –, qui consistait en un cycle de test standardisé sur banc d’essai, était peu représentatif des conditions réelles de conduite. Il est désormais remplacé par le Worldwide Harmonized Light Vehicle Test Procedure (WLTP) depuis le 1er septembre 2017 avec l’introduction de la norme Euro 6c. Ce nouveau cycle sera par ailleurs étendu à tous les véhicules neufs, même les types homologués avant septembre 2017, à partir du 1er septembre 2018. Et les véhicules en stock qui ont été validés par les tests NEDC ont jusque septembre 2019 pour être écoulés.

Ce nouveau test d’homologation se veut plus proche des conditions réelles de conduite par exemple en augmentant la durée du test, en diversifiant mieux les situations de roulage (test en situation de bouchons par exemple), en effectuant des mesures à température plus réaliste, etc. Et il s’accompagne également d’une mesure des émissions en conditions de trafic réelle : le RDE (Real Driving Emissions). Le test WLTP complété par le test RDE fera peut-être baisser certains Ecoscore mais il fournira surtout aux consommateurs des informations plus proches de la réalité.

Des performances environnementales du parc en constante amélioration, mais un problème de mobilité qui demeure bien présent

L’évolution de l’Ecoscore du parc automobile bruxellois atteste d’une amélioration des performances environnementales. Mais ce bilan positif doit être relativisé en considérant l’impact global d’une voiture sur l’environnement, y compris sur le plan de la mobilité : aussi efficiente soit-elle, une voiture possède en effet un encombrement problématique pour les déplacements et le stationnement.

Or la Région bruxelloise et la Belgique font face à un problème de mobilité avéré et plusieurs indicateurs montrent que ce problème ne va pas en s’améliorant : croissance du parc automobile, certes faible, mais réelle (sauf en région bruxelloise) ; augmentation des files structurelles (i.e. non provoquées par le mauvais temps ou les incidents) en Belgique en 2015 (longueur de files cumulées de 100 à 150 km observée pendant 50 journées pleines – Touring Mobilis, 2016). Toutefois d’autres indicateurs montrent une évolution positive (cf. fiche « Mobilité et Transports ») : baisse du trafic routier (hors ring), en particulier dans les centres urbains ; forte augmentation des déplacements en transports en commun et en vélo ; baisse de l’utilisation de la voiture par les Bruxellois, notamment comme mode de déplacement « domicile-travail » ainsi qu’une augmentation accélérée en 2016 des acquisitions de véhicules à carburants alternatifs. Précisons aussi que près d’un ménage bruxellois sur deux (47%) ne possède pas de voiture du tout (enquête sur le budget des ménages (EBM), 2016).

Date de mise à jour: 04/12/2019
Documents: 

Fiche(s) méthodologique(s)

Tableau(x) reprenant les données

Autres publications de Bruxelles Environnement

Etude(s) et rapport(s)

  • VITO, mai 2017. « Analysis of the Belgian Car Fleet 2016 ». Etude réalisée pour le compte des Régions flamande, wallonne et de Bruxelles-Capitale. 32 pp. (.pdf) Disponible (en anglais uniquement) sur le site www.ecoscore.be
  • VUB, 2017. « Indicators of the 2016 New and Second-hand Vehicle Fleet in Belgium and the different Regions ». Etude réalisée pour le compte des Régions flamande, wallonne et de Bruxelles-Capitale. 43 pp. (.pdf) Disponible (en anglais uniquement) sur le site www.ecoscore.be
  • E. Cornelis, M. Castaigne, X. Pauly, A. De Witte, K. Ramaekers. Professional mobility and company car ownership « Promoco ». Final Report. Brussels : Belgian Science Policy 2009. 126 pp. (Research Programme Science for a Sustainable Development) (en anglais uniquement) (.pdf) 
  • Agence Européenne de l’Environnement (AEE), mars 2015. « Synthèse : l’Environnement en Europe, état et perspectives 2015 » - « L’augmentation de la demande de transport affecte notre santé et environnement ». p.99-102. (.pdf) 
  • SPF Mobilité et Transports et SPF Politique Scientifique (BELSPO), 2012. « La mobilité en Belgique en 2010 : résultats de l’enquête BELDAM ». 356 pp. p.206. (.pdf) 
  • Brussels Entreprises Commerce and Industry (BECI), 2014. « Le livre blanc de la mobilité », 52 pp. p.18. (.pdf) 

Plan(s) et programme(s)