Fiche thématique 14 - Valorisation et réduction des sous-produits de la gestion

1. Pourquoi ?

Le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale est végétalisé à 54% (dont 18% d’espaces publics). Autant dire que la gestion des espaces verts qu’ils soient publics ou privés engendre des quantités importantes de sous-produits, communément appelés « déchets verts » ; leur collecte et leur traitement se répercute sur le budget de la collectivité, sans compter la pollution engendrée par le transport. Réduire leur production mais aussi les réutiliser ou les recycler sur place sera dès lors à la fois pratique, économique et durable.

Les espaces verts « zéro déchet » n’existent pas, néanmoins ils peuvent être conçus et gérés de manière à limiter le volume de sous-produits de gestion exportés.

Principes de base

L’échelle de Lansink est une échelle des priorités dans la gestion des déchets en général. Elle peut être adaptée aux sous-produits de gestion.

  • PREVENTION : en premier lieu il faut favoriser une conception de l’espace qui va permettre de réduire les sous-produits de gestion (moins de pelouses régulièrement tondues et plus de prairies fleuries, les bonnes plantes au bon endroit…). Ensuite, les méthodes de gestion doivent prendre en compte ce facteur : par exemple laisser sur place des produits de fauche. Ces méthodes peuvent nécessiter un changement des pratiques des gestionnaires mais aussi une bonne communication avec les usagers.
  • REUTILISATION et RECYCLAGE : encourager les pratiques alternatives de gestion telles que le paillage, le tressage ou la valorisation par les animaux qui récupèrent les matériaux à d’autres fins.
  • COMPOSTAGE : en dernier lieu le compostage qui a l’avantage de fournir un amendement de qualité pour le sol en assurant l’hygiénisation des matières parfois difficiles à traiter autrement.
  • En aucun cas l’incinération ou la mise en décharge ne seront des pratiques à utiliser avec les sous-produits de gestion. Ce sont les pratiques les moins écologiques, a fortiori pour du matériau naturel.
     

=>  Voir Fiche thématique n° 2 « Conception écologique d’un espace vert »
=>  Voir fiche thématique n° 7 « Paillage »
=> Voir fiche thématique n° 19 « Communiquer sur la gestion écologique et différenciée »

2. Comment ?

2.1.Introduction

Il n’est pas nécessaire de transformer nos espaces verts en espaces bétonnés ou les laisser évoluer sans intervention pour y réduire les quantités de déchets organiques ! Comme évoqué dans la partie I, de la conception de l’espace en lui-même aux types d’aménagements, divers processus sont mis en avant et plébiscités.

  • Par exemple,  la création de claies ou de murs de branches offrent à nos parcs et jardins un aspect original et contemporain. Cela devient de plus en plus « tendance » et les magazines et architectes de jardins « branchés » en parlent.
  • Certaines techniques vont plus loin que diminuer les quantités de sous-produits puisqu’elles permettent aussi de réduire le temps de travail. Le bois raméal fragmenté (ou BRF), permettant de minimiser l’exportation de branches vers les centres de compostage, en est un bel exemple; l’apport d’une couche de broyat au pied des arbustes et dans les massifs réduit le développement des plantes adventices et donc les besoins de désherbage.
  • Certaines matières organiques ne devraient jamais être considérées comme des déchets. Pourquoi ramasser les feuilles dans un massif d’arbustes dans un parc alors qu’on trouve leur présence tout à fait normale dans la forêt ?

Les tailles de haie sont un sous-produit de gestion nécessaire pour structurer le compost, les tontes de gazons sont appréciées par les poules et les branches intéressantes pour en faire claies et broyat. Boucler les cycles naturels de la matière organique et des nutriments au sein d’un espace vert devient un défi passionnant. Produire moins de sous-produits de gestion, c’est penser à un aménagement différent de l’espace basé sur le principe de ne pas lutter CONTRE la nature mais de travailler AVEC elle.

Le tableau ci-dessous reprend les différents modes de gestion par matière selon l’échelle de Lansink (les numéros renvoient aux chapitres qui suivent) :

Lansink  Techniques de gestion ou recyclage Matières
Tontes Branchages Feuilles Autres produits végéteaux
A Conception 1.2.1 ; 1.2.1.1 1.3.1 - -
A Choix des plantes 1.2.1.2 1.3.1. - -
A Entretien adapté 1.2.1.3 ; 1.2.1.4 ; 1.2.2 1.3.2.1. - -
B Poules/animaux 1.2.3. - - -
C Utilisation créative - 1.3.3.1 ; 1.3.3.2 ; 1.3.3.3. 1.4.1. -
C Mulch 1.2.2. - 1.4.1. 1.4.2
C Broyage - 1.3.2.5 1.4.1. 1.4.2
D Compost 1.5. 1.3.3.5 1.4.1. 1.4.2

Gestion possible des matières selon différentes approches (les numéros renvoient aux chapires).

1.2. La pelouse

Les alternatives au ramassage

  • Transformer la pelouse rase en pelouse fleurie et espacer les tontes, ou en prairie fleurie et faucher 1 à 2 fois par an.
  • Utiliser préférentiellement les tondeuses mulcheuses.
  • Favoriser l’éco-pâturage dans les espaces les plus naturels.
  • Pour les espaces de prestige (pelouses rases), utiliser les tondeuses automatiques, robots solaires ou sur courant (les brins d’herbes, plus petits, seront mieux digérés par le sol).
  • Diminuer la surface à tondre en ajoutant mares, massifs, haies…

La valorisation après ramassage

  • Composter l’herbe fraîche en mélange avec un volume équivalent de matières ligneuses. Laisser l’herbe sécher et l’incorporer au compost.
  • Utiliser l’herbe fraiche ou séchée comme paillis (2-3 cm/5-8 cm).

Remarque : certains aménagements (mares, massifs, haies…) sont susceptibles d’augmenter la quantité de travail. Il faudra donc bien évaluer les objectifs prioritaires (réduire les sous-produits de gestion en priorité, ou réduire la charge de travail, etc.).

  • Voir la fiche thématique n°43 « Eco-pâturage »
  • Voir la fiche thématique n° 7 « Couverture du sol »

Très variable d’un terrain à l’autre et selon les conditions climatiques, on estime cependant qu’en moyenne un are (100 m²) va produire 200 kg d’herbe de tonte ; et  qu’à raison d’une vingtaine de tontes par an, le temps consacré est de 5 heures. Toutes les techniques proposées ci-après peuvent être utilisées simultanément ou alternativement, afin de faciliter la gestion écologique de la pelouse.

1.2.1. Conception de l’espace

1.2.1.1 Diminution de la surface

Il est possible de transformer certaines parties du gazon en prairie fleurie, parterres ornés d’arbustes ou de fleurs, ce qui offre plus de couleurs et moins de travail. Il est important pour cela de choisir des plantes qui couvrent bien le sol, pour éviter que les plantes adventices poussent vite et ainsi diminuer le travail d’entretien.

  • Voir fiche thématique n° 4 « Plan de désherbage »
  • Voir la fiche thématique n° 7 « Couverture du sol »

1.2.1.1.1. Parterres et mares

La mise en place de parterres de plantes ornementales, indépendamment de l’embellissement de l’espace et de la réduction de la surface à tondre va fournir une matière structurée utile au compostage. Il est aussi possible d’aménager une pièce d’eau constituée d’une mare ou d’un étang afin de réduire les surfaces engazonnées et permettre aux oiseaux de boire et de se baigner. En zone d’affleurement, on pourra aménager une mare semi-naturelle sinon ce sera une mare artificielle. Les libellules et coléoptères d’eau douce apparaîtront d’eux-mêmes, tout comme les batraciens.

La mare est un milieu de vie exceptionnel, il fournit de longues heures d’observation.

  • Voir la fiche thématique n° 32 « Zones humides »

1.2.1.1.2 Pelouses et prairies fleuries

La création et le maintien de pelouses et prairies fleuries sont des actions concrètes qui favorisent la nature en ville et permettent d’accueillir une flore et une faune sauvages diversifiées. Bien conçues, elles jouent non seulement un rôle pour la préservation de la biodiversité mais constituent aussi un atout paysager et économique. La réduction de la quantité de sous-produits de gestion peut être considérable. Un simple chemin tondu à travers la prairie y facilite le déplacement des usagers.

  • Voir la fiche thématique n° « Prairies fleuries »
  • Voir la fiche thématique n° « Pelouses fleuries »

1.2.1.1.3. Plantes couvre-sol

u pied d’un arbre, sur une plate-bande, dans des endroits difficiles à entretenir, les plantes couvre-sol sont le choix le plus judicieux. Adaptées à tous les types e sol et d’exposition, elles demandent moins d’entretien. En les plantant de manière assez espacée, elles trouveront leur place sans se gêner. Toutefois, ertaines espèces pouvant être très envahissantes, il sera utile d’installer une petite bordure. Parmi les espèces utiles, citons : lysimaque rampante, thym erpolet, bruyère, petite pervenche, sedums couvre-sol, marjolaine commune, euphorbe, géranium à grosses racines, millepertuis, lamier…è  Voir la fiche thématique n° 7 « Couverture du sol »

  • Voir la fiche thématique n° 7 « Couverture du sol »

De nombreuses plantes couvre-sol sont disponibles pour embellir et faciliter l’entretien des plates-bandes.

1.2.1.2. Variétés à croissance lente

Certaines graminées (Poacées) poussent vite et demandent une fréquence de tonte importante. Au moment du semis, il est donc préférable d’opter pour des variétés de gazon à croissance lente (tableau ci-dessous). Il existe cependant d’autres végétaux pouvant remplacer les graminées tondues fréquemment, qui permettent de garder un tapis vert au gré des saisons. On gagne facilement une tonte sur deux, mais il est vrai qu’au fil des années cet avantage tend à disparaitre suite à l’envahissement du gazon par d’autres espèces de graminées. Les plantes couvre-sol peuvent aussi remplacer le gazon à certains endroits, par exemple sous les arbres où ce dernier ne pousse pas bien, dans des zones plus inaccessibles, pentues… où la gestion en tonte est plus compliquée.

Pour des espaces piétinés

  • Ray grass anglais
  • Cynodon dactylon ou chiendent pied-de-poule
  • Fétuque élevée
  • Gazons Label Rouge "Sport et jeux"
  • Gazons Label Rouge "Détente et agrément"

Pour des espaces peu piétinés

  • Fétuque ovine durette
  • Fétuque rouge gazonnante
  • Fétuque rouge demi-traçante

Espèces de graminées à croissance lente selon l’utilisation considérée

  • Voir la fiche thématique n° 23 « Pelouse fleurie 
  • Voir la fiche thématique n°8 « Plantes couvre-sol »

1.2.2. Gestion de l'espace

1.2.2.1. Fertilisation raisonnée

Si l’avantage de fertiliser est de garantir une pelouse bien verte et dense, l’inconvénient est évidemment de favoriser la pousse et donc la fréquence de la tonte. Un apport annuel à l’automne ou au printemps d’un demi-centimètre de compost tamisé sur la pelouse assurera les besoins du gazon. Le fait de « mulcher » l’herbe favorise également la restitution des éléments nutritifs prélevés par la plante et maintient donc la fertilité du sol sans création de « déchets » à exporter.

  •  Voir la fiche thématique n° 5 « Fertilisation raisonnée »
1.2.2.2. Hauteur de tonte

Dans tout espace enherbé, la tonte à 8 cm du sol permet le développement en profondeur des racines, offrant à l’herbe une meilleure résistance aux épisodes de sécheresse, ralentit la croissance du gazon, favorise la floraison de plantes variées dans les pelouses fleuries et diminue les risques d’invasion de plantes indésirables et de mousses. La  tonte des gazons à une hauteur de 2 ou 3 cm ne devrait se justifier que pour les pelouses d’ornement dans les zones de prestige.

1.2.2.3. Tontes sans ramassage

Il est possible de gérer la tonte de l’herbe sans exportation de résidus via l’utilisation de tondeuses mulcheuses qui ne collectent pas les brins d’herbe coupés. Plus performantes encore, les tondeuses automatiques réalisent le travail de tonte en permanence ce qui résulte en une taille inférieure des résidus de coupe.

1.2.2.3.1. Tondeuses mulcheuses

Les tondeuses mulcheuses hachent finement l’herbe tondue puis la souffle vers le sol. Après la tonte on ne retrouve presque plus rien à condition de respecter quelques conseils. Ne pas tondre trop court, en général pas plus bas que 4-5 cm, certains recommandent même 8 cm (voir supra). A n’utiliser idéalement que si le gazon est sec ; en cas d’humidité la tonte s’agglutine et se réparti moins bien dans le gazon. Tondre régulièrement, en général dès que la pousse atteint 1/3 de la hauteur finale (par exemple pour une tonte à 5 cm, tondre lorsqu’elle atteint 7-8 cm).

Les avantages de la tondeuse-mulcheuse sont multiples :

  • un temps de travail réduit (les tontes ne doivent pas être manipulées, c’est donc 30% de temps en moins) ;
  • l’absence de déchets à gérer ;
  • une bonne qualité de travail ;
  • moins d’engrais à apporter ;
  • une meilleure résistance à la sécheresse de la pelouse.

Pour obtenir un bon résultat :

  • ne pas prolonger les périodes entre les coupes ;
  • tondre par temps sec ;
  • nettoyer la machine après chaque usage.

Quelques points d’attention quand même :

  • pour permettre une bonne décomposition de l’herbe broyée, une hauteur suffisante (4 à 5 cm) s’impose. Tondre plus haut réduit également le développement de la mousse. Par ailleurs le développement de la mousse n’est pas influencé par l’utilisation de la tondeuse-mulcheuse.
  • l’utilisation des pesticides peuvent avoir une mauvaise influence sur le développement d’organismes décomposeurs du sol, qui assurent la transformation des brins coupés en humus. L’usage des pesticides est d’ailleurs strictement réglementé !

1.2.2.3.2 Tondeuses automatiques

Ces machines, complètement automatisées fonctionnent à l’électricité. Il en existe pour de grands espaces, jusqu’à 3 hectares. Elles demandent peu de puissance grâce aux lames de cutter dont elles sont équipées et à leur régularité de coupe. Elles peuvent tondre sur des terrains pentus (jusqu’à 30 à 35%) et contournent les obstacles. L’herbe tondue reste sur place, tout comme avec les tondeuses mulcheuses. Néanmoins, pour l’instant, ces machines ne conviennent pas pour les espaces verts où les zones engazonnées sont éloignées l’une de l’autre ou possèdent des formes très découpées.

2.2.2.4. Tontes avec ramassage

Les résidus de tonte peuvent être valorisés principalement par quatre utilisations :

  • utilisation en paillage aux pieds des plantations, des haies, des arbres ou au potager, disposée en une couche mince d’herbe fraiche de 2-3 cm maximum ou de 5 à 8 cm d’herbe sèche ;
  • utilisation dans les tas de branches en vue de la création, à terme, d’une butte de culture ou du développement d’un espace potager ;
  • utilisation au compost : ces résidus sont riche en eau, éléments nutritifs et sans phénol ou autres produits qui pourraient en freiner la décomposition. Il est donc impératif de les mélanger avec d’autres matières organiques (broyat, tiges de plantes vivaces taillées en été, paille, feuilles mortes stockées en automne), ce qui assurera un compost de qualité ;
  • utilisation pour les poules le cas échéant.

     
  • Voir la fiche thématique n° 31 « Potagers »
  • Voir les informations du site web de Bruxelles Environnement sur le compostage 
1.2.2.5. éco-pâturage

Dans les espaces les plus inaccessibles pour les machines et dans le cas d’un entretien nécessaire, la mise en place d’un éco-pâturage est un mode de gestion supplémentaire des zones enherbées qui permet de réduire drastiquement l’exportation des produits de tonte, et qui se veut en plus pédagogique. Ce mode de gestion ne sera pas nécessairement plus économique que la fauche par exemple ; donc tous les coûts devront être bien évalués au regard des objectifs visés avant de faire ce choix.

  • Voir la fiche thématique n° 43 « Ecopâturage »

1.3. Gestion des branchages (arbres et arbustes)

Valorisation des branchages Méthodes alternatives
  • Utiliser le broyat pour aménager des chemins ou en couverture du sol dans les massifs.
  • Utilisation comme Bois Raméal Fragmenté (BRF)
  • Apport dans le compost avec matières vertes molles et humides.
  • Faire du bois de chauffage
  • Apport au parc à conteneur.
  • Planter des haies libres, à développement limité
  • Pratiquer la taille raisonnée du patrimoine arboré et arbustif
  • Faire des tuteurs
  • Faire des claies
  • Faire des murs
  • Utilisation en tas pour abris animaux.

1.3.1. Conception de l’espace

1.3.1.1. Plantations arbustives

Pour autant que le contexte le permette, les haies taillées seront remplacées par des arbustes, de préférence florifères, au port libre qui ne nécessitent que peu ou pas d’entretien et qui sont donc producteurs de moins de sous-produits de gestion. Toutefois, toutes les haies à rue sont soumises à une taille réglementaire (habituellement 2m de haut maximum si elles sont plantées à 50 cm de la limite externe de l’espace vert, sauf exceptions communales).

  •  Voir la fiche thématique n° 25 « Strate arbustive »

1.3.2. Gestion de l’espace

1.3.2.1. Taille raisonnée

Une taille mal effectuée induit souvent la formation de pousses plus vigoureuses au niveau des arbres et arbustes. Il est donc important de pratiquer une taille raisonnée, de ne tailler que si nécessaire (par exemple raisons de sécurité pour les usagers des espaces verts). En observant le comportement des végétaux et leur architecture, la taille raisonnée permet de limiter la croissance et la production de sous-produits de taille.

  •  Voir la fiche thématique n° 27 « Strate arborée – gestion »

1.3.3. Utilisation du branchage

1.3.3.1. Tuteurs

Tout simplement, les branches peuvent être utilisées, par exemple, comme tuteurs pour de nouvelles plantations.

1.3.3.2. Cloisons et tipi « vivant »

Avec du saule, planter de longues branches en les croisant à 45°et en cercle pour obtenir un tipi végétal. Les pousses qui vont se développer sur ces branches seront taillées si elles rentrent vers l’intérieur ou tressées dans la structure pour renforcer les parois du tipi. Pour réaliser les cloisons et les clôtures végétales, réaliser la structure à plat sur le sol en croisant une ou plusieurs branches de saules à 45°, et en ligaturant à chaque intersection les branches entre-elles. Une fois la structure construite au sol, la dresser dans la tranchée creusée dans le sol. La hauteur de l’ouvrage se règle à la fin. Ces constructions, relativement faciles à réaliser et très visibles peuvent faire l’objet d’un atelier participatif avec les citoyens et leur permettre de se sentir fortement impliqués dans la conception de l’espace vert.

  • Voir la fiche thématique n° 21 « Impliquer les citoyens et les associations »

A partir de saule, il est facile de construire des tipis, cabanes végétales ou des cloisons vivantes

1.3.3.3. Tressage de claies et murs de branches

Les résidus de taille souples se prêtent particulièrement bien au tressage des claies. Si les qualités du saule sont les plus connues, le noisetier, le marronnier et d’autres espèces présentant des branches droites (et plus résistantes à la décomposition que le saule) sont aussi valables. Leur mise en place se fait préférentiellement en période hivernale de la manière suivante :

  • enfoncer des piquets de minimum 3 cm de diamètre (selon la dimension de la claie souhaitée), qui constitueront le support de la paroi, espacés d’environ 50 cm. Attention : un espacement plus petit va augmenter la difficulté du tressage ;
  • tresser les branches entre les piquets ; les branches doivent être bien souples pour éviter les cassures.

Plusieurs entrepreneurs de jardin offrent à leurs clients la réalisation d’un clayonnage parfaitement intégré.

Une autre alternative est l’utilisation des branches pour faire des mur(et)s en les tassant entre deux rangées de pieux. Ce système permet de stocker les branches d’élagage sans devoir les broyer ou les transporter. La clôture ainsi obtenue peut délimiter des espaces, façonner ou bloquer des vues, créer des cheminements, servir de coupe-vent, accueillir quelques plantes grimpantes ou encore servir de gîte et de couvert pour divers animaux. En bas du mur les organismes décomposeurs feront leur travail ; en tassant le paquet, ils créent de la place pour la livraison suivante.

  • Voir la fiche thématique n° 29 « Plantes grimpantes »
  • Voir les Recommandations techniques Bâti & biodiversité pour le « Lierre grimpant »
  • Voir la fiche thématique n° 13 « Gîtes et passages pour la faune »

Enfoncer deux rangées de piquets ou tuteurs, espacés de 30 à 80 cm suivant l’épaisseur du mur que l’on veut construire et espacés dans la rangée de 50 cm à un mètre selon la longueur des branches que l’on va y placer. Après avoir ajouté les branchages, on peut relier le dessus des tuteurs entre les rangées pour éviter qu’il s’écarte.

Les murs de branchages délimitent les zones de l’espace, protègent les ruches ou servent de coupe-vent
Photographie : © Comité Jean Pain

1.3.3.4. Tas de bois

L’une des solutions consiste à tronçonner le bois pour obtenir des bûches utilisables pour le chauffage (à partir de 5cm de diamètre). Ce bois de chauffage sera empilé dans un coin du parc pour sécher pendant deux ans et permettre ainsi aux auxiliaires du jardin (staphylins, carabes, vers luisants, rouges gorges, crapauds, hérissons) de trouver un refuge.

1.3.3.5. Valorisation en broyat

Le broyat est le résultat du passage des branchages dans un broyeur, pour en ressortir des copeaux. L’idéal est de ne broyer que les branches fraichement coupées et encore « vertes ». Au-delà d’un mois après la taille, les branches deviennent du bois mort, qui abime les broyeurs mais surtout qui a perdu l’humidité et certains éléments nutritifs utiles. Grosso modo le broyage va réduire de 5 à 10 fois le volume des branches (selon la variété, la taille des branches, etc.). Son aspect paysager, le caractère souple et silencieux, la conservation de la perméabilité du sol ou la limitation des flaques d’eau sont des atouts intéressants dans certaines conditions. Plusieurs utilisations de ce broyat sont possibles :

  • en couverture de sol ;
  • pour tracer des cheminements ;
  • pour constituer des sols sécurisés dans les aires de jeux ;
  • en apport de matière brune dans le compost : broyer les branches dépassant 8 mm de diamètre. Le broyat peut aussi se composter seul, mais il doit alors être abondamment arrosé (200 à 300 litres d’eau par m³ de broyat) ou trempé dans des cuves pendant 24 heures (travail fastidieux mais efficace). L’idéal est donc de le valoriser avec les tontes de gazon ou autres sous-produits de gestion ;
  • Bois Raméal Fragmenté (BRF) : les fins branchages fraichement broyés peuvent également s’utiliser comme amendement du sol, en incorporant une petite quantité (1 à 3 cm) en automne aux parcelles qui seront cultivées au printemps. Attention à ne pas conduire à une faim d’azote.<

 

  • Voir la fiche thématique n° 7 « Couverture du sol »
  • Voir la fiche thématique n°39 « Revêtements et perméabilité »
  • Voir la fiche thématique n° 40 « Aires de jeux »
  • Voir les pages du site de Bruxelles Environnement sur le compost 
  • Voir la brochure « Guide du compostage » 

1.4. Gestion des autres sous-produits

1.4.1. Les feuilles et aiguilles

Tout comme les branchages broyés, les feuilles mortes peuvent servir au paillage du sol ou de matière structurante pour le compost, voire même de matière première pour faire un terreau de feuilles. Dans ce cas elles seront idéalement ramassées avec la tondeuse, qui réduira en morceaux les feuilles les plus coriaces et entreposées en tas, sans autre apport. La nature fera son œuvre et, au bout de 2-3 ans, un magnifique terreau sera disponible. Les aiguilles de conifères sont plus coriaces et ne se décomposent que si elles sont bien humidifiées. Par contre elles constituent un paillage intéressant car peu d’herbes indésirables se développent parmi celles-ci.

  •  Voir la fiche thématique n° 7 « Couverture du sol »

Les feuilles peuvent également servir de base à la constitution de « murs » végétaux dans le jardin. Elles sont amassées entre des paillasses à béton à maille fine (5 x 5 cm). Evidemment, pas question ici de pouvoir retenir la terre tout comme on le fait avec les gabions de pierre, mais le principe est le même.

Fabriquer un mur végétal permet de stocker de grandes quantités de feuilles mortes

1.4.2. Les autres sous-produits de gestion

Fleurs fanées, tiges sèches, fanes de légumes, herbes indésirables… constituent parfois une quantité non négligeable de matières organiques, essentiellement collectées lors de l’entretien annuel des plates-bandes, d’un potager…, généralement au printemps.

Ce mélange de matières disparates peut, tout comme les tontes et les branchages être valorisé sous forme de compost, utilisés comme paillage, voire même valorisé par les poules lorsque la matière est verte et fraîche.

1.5. Le compostage

Le compost est un mélange de matières organiques qui, sous l’action des micro-organismes, va se décomposer en un produit stable proche du terreau. Cette décomposition nécessite de respecter trois règles d’or qui se résument comme suit : un bon équilibre brun/vert, de l’eau, de l’air.

Le mélange de matières est fondamental pour obtenir un bon compost. D’une part, il y les matières à tendance brunes, dures et sèches (BDS) comme le broyat de branches, les copeaux, la paille, les feuilles mortes, le carton, les tiges sèches, etc. Ces matières apportent structure et aération mais se décomposent lentement. D’autre part, il y a les matières à tendance vertes molles et humides (VMH) comme la tonte de gazon, les feuilles vertes, les herbes indésirables, les restes de légumes et de fruits, etc. Celles-ci vont se décomposer rapidement mais en se compactant avec des odeurs. L’art du compost est de mélanger intimement (plutôt que par couches) les premières avec les secondes à raison de 1/3 de BDS pour 2/3 de VMH (en volume). Le résultat sera encore meilleur si on fait un mélange moitié-moitié, mais le BDS est souvent plus difficile à trouver que le VMH.

L’humidité est fondamentale pour la survie et le travail des organismes décomposeurs, on l’estime à 65% pour le compost, au départ, ce qui se rapproche de l’aspect d’une éponge de cuisine pressée… L’apport d’eau doit se faire en même temps que l’apport des matières dans le compost, il ne sert à rien d’arroser le compost après l’avoir réalisé.

Enfin, l’aération est le paramètre clé qui assure une décomposition sans odeurs. Outre les quelques retournements du compost au cours de sa décomposition, l’incorporation des matières structurantes (BDS) est essentielle pour assurer l’aération et éviter l’asphyxie des matières.

  

Que l’on composte en tas, en fût ou en silo, l’important est d’humidifier et d’aérer le mélange de matières

Pour aller plus loin

1.6. Retours d’expérience

Commune d’Ixelles : compost Faider

En 2012, un compost de quartier a été installé par l’asbl Worms à la demande de la commune dans le petit parc Faider. Ce compost est entièrement géré par des habitants du quartier. La commune met à disposition de ceux-ci du broyat pour constituer la matière brune, complémentaire à la matière humide apportée par les riverains. Le compost est retourné dès que le 1er bac est rempli, c’est-à-dire environ 2 fois par an. Les participants peuvent s’y fournir en engrais pour leurs jardins et bacs à plantes.

Infos : https://compostfaider.wordpress.com/

Commune de Schaerbeek : compost Albert (opération Phosphore)

Le projet de la commune de Schaerbeek vise à alimenter des composts de quartier avec les sous-produits de gestion de ses parcs. Le compost fonctionne donc en deux temps : la commune fournit la matière sèche nécessaire au compostage et les riverains y ajoutent leurs déchets de jardins et alimentaires. Le service des Espaces verts utilisera l’engrais généré par ce compost. Les riverains recevront également leur part !

Infos : Service Communal Propreté & Espaces Verts : 0800/939.88 - proprete@schaerbeek.be

Commune de Jette : Coin de Terre

Compostage des sous-produits de gestion communaux (300m³/an) et dépôts des déchets organiques des ménages pour compostage et valorisation comme substrat pour les serres et les plantes de la commune ainsi que « Coin de Terre » un espace de 2,15 ha de parcelles potagères mises à disposition des citoyens. Il y a des primes pour compostières.

Accompagnement de 7 composts de quartier.

Infos : service communal des Plantations - 02.478.22.99 - plantations@jette.irisnet.be

L’opération Phosphore

Projet de recherche sur les solutions innovantes de gestion des déchets organiques.

Plus d’info : https://www.operation-phosphore.brussels/

1.7. Documents utiles

Ouvrages / documents :

  • Pauwels Ivo, Compostez et recyclez !, Racine, Belgique, 2016, 125 p.
  • Alain Divo et Frank Jault. 2015, Edition Le moniteur. 152 pages. France, « Gestion différenciée écologique des paysages, parcs et jardins. Aménagement urbain et biodiversité.»
  • Noël, B., Mise en œuvre de la technique du Bois Raméal Fragmenté (BRF) en agriculture wallonne (.PDF).
  • Plante & Cité, Aménager et gérer avec frugalité : préserver les ressources en faisant mieux avec moins, 2017. Publication à commander auprès de Plante & Cité.

Sites web :

  • VLACO : organisme flamand de promotion du compostage et du jardicyclage. Site en néerlandais avec de nombreuses informations utiles : https://www.vlaco.be/thuiskringlopen
  • Comité Jean Pain : Site de démonstration du Comité Jean Pain à Londerzeel. Toutes les techniques sont présentées dans le jardin et des formations sont organisées : www.comitejeanpain.be